Loi du 11 mai 2026 : le prêt de numéro (rattachement « classique ») est interdit. Tout comprendre en 5 minutes →

Mis à jour le 06/09/2026 · Lecture : 8 min · À lire d'abord : la loi du 11 mai 2026 en clair

L'essentiel en 30 secondes

Le portage salarial et l'indépendance avec sa propre carte sont les deux seuls modèles autorisés depuis la loi du 11 mai 2026. Ce ne sont pas deux variantes du même produit : ce sont deux façons différentes d'exercer, avec des conséquences concrètes sur le salaire, la protection en cas de pépin, les démarches à faire et la marge de manœuvre au quotidien.

Deux statuts, deux logiques

Le portage salarial : un cadre de salarié

Dans le portage salarial, le chauffeur est salarié d'une société de portage. Il reçoit une fiche de paie, sa protection sociale est celle du régime salarié et ses cotisations sont gérées par la société. C'est la société de portage qui produit la paie, déclare et verse les cotisations : le chauffeur n'a pas à s'en occuper.

L'indépendant avec sa carte : un cadre d'entrepreneur

Le chauffeur est titulaire de sa propre carte VTC : le numéro REVTC est à son nom. Les offres du marché prennent alors la forme d'un partenariat : accès aux plateformes de mise en relation, mise à disposition de véhicules, services d'accompagnement. Mais le statut reste celui d'un indépendant : les démarches et les cotisations lui appartiennent.

Les deux sont légaux

Depuis le 11 mai 2026, le portage salarial et l'indépendant avec sa propre carte VTC sont les deux seuls modèles autorisés. Le troisième — le prêt de numéro du « rattachement classique » — est interdit : toute offre qui repose encore dessus est à écarter, quel que soit son prix.

Revenus : comment circule l'argent

Chauffeur lisant un document dans son véhicule
Portage ou indépendant : des revenus qui ne circulent pas de la même façon.

Côté portage, les revenus passent par la société : elle perçoit le produit de l'activité, gère les cotisations et verse au chauffeur une rémunération nette, matérialisée chaque mois par une fiche de paie. Le chauffeur connaît précisément ce qui lui est versé, et la société de portage garde la main sur les prélèvements sociaux.

Côté indépendant, les revenus proviennent directement de l'activité. Le chauffeur encaisse lui-même le fruit de ses courses et doit prévoir ses cotisations et ses charges, puisque aucune société ne les gère à sa place. Il conserve la différence entre ce que rapporte l'activité et ce que coûtent ses cotisations — à lui de bien les provisionner.

À activité égale, rien ne permet d'affirmer qu'un modèle rapporte plus que l'autre : tout dépend de l'activité réelle, des cotisations versées et des frais de chaque formule. Les tarifs des sociétés, relevés en septembre 2026, vont de 45 à 72,50 € par semaine — le guide des prix détaille ce que chaque tarif couvre.

Protection sociale

Côté portage, la protection sociale est celle du régime salarié : maladie, accident, retraite — les cotisations sont prélevées et versées par la société de portage, sans action de la part du chauffeur.

Côté indépendant, le chauffeur cotise au régime des indépendants. Sa protection dépend du niveau des cotisations réellement versées : c'est à lui de veiller à cotiser correctement, y compris pour couvrir les périodes sans activité.

À garder en tête

Une protection sociale ne se décrète pas : elle se paie. Dans les deux modèles, le niveau de couverture dépend des cotisations effectivement versées. Avant de signer, demandez précisément ce que la formule couvre — la liste des questions est dans le guide des prix.

Paperasse et démarches

Côté portage, la paperasse récurrente est largement prise en charge : la société de portage produit la fiche de paie, déclare et verse les cotisations. Le chauffeur n'a pas à monter de dossier de cotisant ni à suivre des échéances administratives liées à son statut.

Côté indépendant, tout est à son nom : les démarches de création et de déclaration de son activité, le paiement de ses cotisations, la conservation de ses justificatifs. Les sociétés partenaires apportent un accompagnement variable (accès aux plateformes, véhicules), mais elles ne se substituent pas à son statut d'indépendant. Si vous partez de zéro, le guide devenir chauffeur VTC détaille les étapes du parcours.

Liberté : qui décide au quotidien ?

Côté portage, le cadre de travail est celui défini par le contrat avec la société de portage : organisation, volume d'activité, conditions d'exercice. Le degré de souplesse réel dépend du contrat signé — il doit être lu avant d'adhérer, pas après.

Côté indépendant, le chauffeur reste maître de son organisation : horaires, choix des plateformes, véhicule, périodes de travail et de pause. Cette liberté est la contrepartie directe de sa responsabilité administrative et financière. Pour connaître la réalité des revenus sur chaque plateforme, le guide Uber · Bolt confronte les chiffres.

Le degré réel de liberté ne se lit pas dans l'étiquette « portage » ou « indépendant », mais dans le contrat : certaines formules laissent plus de souplesse que d'autres. C'est le premier point à faire préciser avant de signer.

Le tableau comparatif

La synthèse des quatre critères, pour comparer d'un coup d'œil :

CritèrePortage salarialIndépendant avec sa carte
Statut Salarié de la société de portage — fiche de paie Chauffeur titulaire de sa propre carte VTC (numéro REVTC à son nom)
Revenus Versés par la société après cotisations ; net connu via la fiche de paie Issus directement de l'activité ; cotisations et charges à gérer soi-même
Protection sociale Celle du régime salarié ; cotisations gérées par la société de portage Celle du régime des indépendants ; dépend des cotisations réellement versées
Paperasse Paie et cotisations prises en charge par la société Démarches à son nom : statut, déclarations, cotisations, justificatifs
Liberté Cadre défini par le contrat avec la société de portage Organisation libre : horaires, plateformes, véhicule
À vérifier au contrat Ce que le tarif inclut réellement (paie, cotisations, accès aux plateformes) L'accès aux plateformes et aux véhicules annoncé par le partenaire

À activité égale, aucun modèle n'est « meilleur » en soi : le bon choix dépend de votre situation. Côté budget, les formules du marché vont de 45 à 72,50 € par semaine (relevés de septembre 2026) — voir le détail des prix et des frais cachés.

3 questions pour trancher

Si le comparatif ne suffit pas, ces trois questions permettent de décider en quelques minutes :

  1. Avez-vous besoin d'une fiche de paie ?Location, prêt, justificatifs de revenus : la fiche de paie simplifie toutes ces démarches. Si elle vous est utile, le portage salarial s'impose naturellement. Sinon, l'indépendance reste possible.
  2. Êtes-vous prêt à gérer un statut d'indépendant ?Démarches à votre nom, cotisations à payer vous-même, épargne à prévoir pour les périodes creuses : si cette charge vous rebute, préférez le portage, qui gère l'administratif à votre place.
  3. Que propose concrètement chaque offre ?Le modèle ne fait pas tout : accès aux plateformes, véhicule, services inclus, tarif. Comparez les offres réelles du marché avant de vous décider — le comparatif des sociétés et les questions du guide des prix vous y aident.
En résumé

La meilleure solution est celle qui colle à votre situation — pas celle qui fait le plus de publicité. Sécurité et simplicité administrative d'un côté, liberté et responsabilité de l'autre : prenez le temps de comparer, le contrat se signe pour la durée.

Questions fréquentes

Le portage salarial est-il vraiment un statut de salarié ?

Oui : le chauffeur est salarié de la société de portage, avec fiche de paie, protection sociale et cotisations gérées par la société. C'est l'un des deux modèles autorisés par la loi du 11 mai 2026, l'autre étant l'indépendant avec sa propre carte VTC.

Indépendant, faut-il créer une entreprise ?

Le statut d'indépendant suppose des démarches à votre nom : inscription à un régime d'indépendant, déclarations, cotisations. Les modalités précises dépendent de votre situation — les étapes pour démarrer sont détaillées dans le guide devenir chauffeur VTC.

La protection sociale est-elle meilleure en portage ?

Le portage rattache le chauffeur au régime salarié, dont les cotisations sont gérées par la société. En indépendant, la protection dépend des cotisations que le chauffeur verse lui-même. Le niveau de couverture se compare offre par offre, pas modèle contre modèle.

Est-il possible de changer de modèle en cours de route ?

Rien n'interdit de passer d'une formule en portage à un partenariat en indépendant (ou l'inverse) lors d'un nouveau contrat. Les conditions de sortie — préavis, frais éventuels — se négocient à la signature : demandez-les par écrit.

Combien coûte chaque formule ?

Les prix relevés en septembre 2026 vont de 45 à 72,50 € par semaine selon les sociétés et les services inclus. Le guide des prix détaille chaque tarif, ce qu'il couvre et les frais annexes à surveiller.

La question qui vous reste ? Comparez les sociétés ou écrivez-nous.

Le comparatif met à jour les modèles juridiques, les tarifs et les services annoncés par chaque société du marché.

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